Vers un nouveau model de bibliothèque

[Écrit par Daniel Gil Solés; traduit par Nuria M. Riera]

Nous devons repenser de façon radical et disruptive notre futur professionnel et celui des nos bâtiments de bibliothèques. Il ne s’agît pas de petites améliorations, ou de faire quelque chose de nouveau pour que rien ne change. Non. Ceci ne sert plus à rien. Malgré l’évident et reconnu succès de l’actuel model de bibliothèque, la réalité sociale, économique et culturelle s’impose comme une lourde dalle. Et cette réalité impose, veut et a besoin d’un changement systémique, d’une nouvelle façon de faire et de penser les bibliothèques (pas seulement les bibliothèques publiques, mais toutes). C'est-à-dire, ce que nous avons fait, ce que nous avons planifié lors des 30 dernières années aujourd’hui ça ne sert plus. Je me demande s’il ne faudrait pas créer une nouvelle Carte de Lecture. Et je me demande aussi si une bibliothèque qui aurait la magnitude et la taille de la nouvelle Bibliothèque Publique de Birmingham pourrait s’intégrer dans notre environnement et écosystème social et culturel ; et même est-ce qu’il serait convenable de la construire. Et j’ai des sérieux doutes concernant la réponse à ma question, bien que mon intuition me dise le contraire.

Je crois que les mouvements qui concernent l’usage des bâtiments culturels tels que les bibliothèques s’orientent vers une (inter)relation entre l’usager/bibliothèque de plus en plus virtualisée, à distance. Et dans ce nouvel environnement, vers un état de mobilité permanente et de liquidité, d’ubiquité absolue. Les fonds, actuellement numérisés, disparaissent du paysage bibliothécaire. Dans ce sens, je parie sur réduire de façon significative l’espace des bibliothèques ; je parie sur des unités plus petites, plus flexibles, dynamiques, efficaces, durables, indépendantes et opérationnelles. La grande bibliothèque centrale n’est plus nécessaire. J’imagine, plutôt, un réseau de petites unités réparties dans tout le territoire (dans la ville), qui offrent une relation de proximité avec les usagers. La présence sera toujours nécessaire et indispensable. Il ne faut pas s’y méprendre, Mais les bibliothèques ont besoin maintenant de nouvelles formes qui s’éloignent de la grandeur. Bibliothèque à taille humaine. J’imagine ces unités comme des points d’échange social à petite échelle (la grande zone d’échange social est et doit être la rue, la place), avec une infime collection imprimée, plusieurs dispositifs d’accès à internet (ordinateurs, portables, tablettes, etc…) et surtout avec une très bonne connectivité sous la forme de réseau wifi. L’espace restant serait destiné à accueillir des activités de tout genre mais à petite échelle, en lien direct avec les usagers, et avec un intérêt évident pour la communauté d’usagers. Cet espace serait nécessairement inférieur aux normes actuelles. Peut-être que la clé de la survie se trouve dans la réduction et le rapprochement de la personne.

Voici ce que j’en pense. Mon avis peut-être aussi valide ou stupide que l’avis de n’importe qui. Je peux ou pas me tromper, je ne sais pas. Mais ce dont je suis sûr c’est qu’il faut oser et penser à la nouveauté, penser à un futur différent. Il faut nous regrouper. Tout le collectif professionnel. Et il est indispensable que tous les acteurs qui sont impliqués dans la planification, le design et la gestion des bâtiments bibliothécaires réfléchissent à un nouveau lendemain. Il faut nous asseoir pour y réfléchir et mettre par écrit tout ceci. Il est nécessaire d’expérimenter, et il est également nécessaire que nous nous trompions. Mais il faut le faire. Le manque d’action serait notre mort.

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