La bibliothèque liquide

[Écrit par Daniel Gil Solés; traduit par Nuria M. Riera]

Nous vivons des temps qui s’accélèrent. Il n’y a plus de crise… Le moment historique qui nous est donné de vivre, s’est déjà transformé en quelque chose de différent; et la réalité qui nous attend dans un futur proche, ne diffère pas trop de la réalité que nous vivons déjà aujourd’hui. Et les bibliothèques se sont transformées de forme radicale, et il s’agit d’une mutation dont le succès est incontestable. Mais le processus devra se poursuivre vers des unités plus petites, plus proches, plus flexibles…et plus personnelles. Lors de mon dernier article, j’ai eu l’impression que j’avais omis de raconter certaines choses, qu’il s’agissait des pensées exprimées avec un certain ordre, à haute voix, mais incomplètes. Essayons maintenant de poursuivre avec l’argumentation.

Les bâtiments actuels des bibliothèques sont un exemple parfait d’espaces publiques ouverts, et utilisés de façon massive par les usagers, et aussi de façon généralisé, par le citoyen. Mais ils sont sans doute, un troisième espace, une agréable zone de transition entre l’espace privé de nos foyers, et l’espace publique et parfois sauvage de la ville, de ses rues et ses places. Nous développons dans ces lieux-là, des activités publiques, sociales et collectives, mais avec la protection que des limites bien claires et définies nous offrent. Mais le monde qui nous entoure n’est ni clair, ni défini, ni précis. Mais plutôt le contraire. La dématérialisation à laquelle je faisais référence doit être comprise comme une décomposition liquide du bâtiment de la bibliothèque. Celle-ci ne doit plus être un grand bassin rempli d’eau, protégé et stable, bien entretenu dans lequel on peut pratiquement tout y faire …Ce bâtiment doit devenir une flaque d’eau, près de la rue, éphémère et temporaire comme les flaques dont un enfant profite, simples et proches.

Cela fait déjà un petit moment que les bibliothécaires ont une identité liquide, peu définie et en constante évolution. Maintenant, c’est au tour du bâtiment. Il doit adopter cet état de liquidité permanente qui lui permettra de coloniser et d’être efficacement présent dans les rues, les places de nos villes, en plein cœur de l’espace publique collectif, pour être de façon effective un espace publique et pas seulement un espace de transition. La tâche n’est pas simple, mais il faut la surmonter.

0 comentaris:

Publica un comentari a l'entrada